Premières lignes du roman de ma vie. N'accusez pas l'homme de ne parler que de lui même, sinon , cela signifierait à le réduire au silence, puisque sur Terre il ne reste que des hommes, car seuls les fous aliénés sont assez idiots pour rester sur cette planète. Les autres partent, trouvent leur moyen de s'échapper. Abstraction? Décharnement?
Palais sec, bouche pâteuse, soif intarissable. Soif d'amour, peut être, je n'en sais rien.
Je ne sais pas , je ne sais plus. Je ne comprends plus rien aux hommes. Ils sont si étranges, et même si je les côtoie bien souvent, jamais je ne les saisis. Trop volatiles, comme des alcools enivrants. Enivrants, oui, ils le sont, ils me regardent, m'enveloppent de leurs yeux bleus, verts,noisette, noirs, sombres, pétillants, défoncés, au choix.
Les hommes, il y a le choix, encore que le bon, s'il existe encore, soit bien rare.
Irrépressible envie de faire parcourir mes mains le long de ces corps suaves et envoûtants. Un baiser volé, et hop, on ne sait plus ce que l'on est , ce que l'on fait. La seule chose, dont on est sure, recommencer, vite, avec lui, lui ou encore lui, qu'importe, puisque ce n'est qu'un divertissement. On s'offre, on s'abandonne à eux, comme on s'abandonne au sommeil. Ils nous font oublier le réel, et nous emmènent au pays des merveilles. Dur retour au monde qu'est le nôtre.
Lit vide, Corps nus, Mémoire effacée, bouteille penchée, vide, au coin de la couette.le jour filtre au travers des volets, des rayons qui nous perçent, et nous saisissent.
Incipit terminé. Bienvenue chez Mac'do, où tu restes sur ta faim. Le réel est mieux.
Surréaliste un jour, réaliste les autres.
C.B